

Programme international pour le droit et le développement (PIDD) – Africa Plus 2026
De la connaissance à l’action: créer une communauté pour le droit et le développement
Du 5 juin au 2 juillet 2026, UNIDROIT a organisé la cinquième édition du Programme international pour le droit et le développement (PIDD) – Africa Plus. Ce programme a réuni 28 professionnels issus de 19 pays africains pour une expérience intensive d’apprentissage et d’échanges, comprenant une phase en ligne et trois semaines en présentiel à la Villa Aldobrandini à Rome.
Sélectionnés parmi 234 candidatures reçues de 34 pays, les 28 participants à l’édition 2026 témoignaient de la remarquable diversité géographique et professionnelle d’Africa Plus. Parmi les participants figuraient des juges, des fonctionnaires, des praticiens du droit, des universitaires et des professionnels engagés dans des activités de réforme juridique et de développement à travers le continent.
Soutenue par la Direction générale de la coopération au développement du Ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, l’édition 2026 s’est déroulée à l’occasion du Centenaire d’UNIDROIT. Elle a combiné une formation aux instruments d’UNIDROIT, un dialogue comparatif, des ateliers collaboratifs et l’élaboration de projets ancrés dans les priorités nationales et régionales des participants.
Cette édition avait pour particularité de mettre l’accent sur le passage de la connaissance à l’action. Tout au long du Programme, les participants ont examiné la manière dont les instruments de droit privé peuvent répondre à des besoins concrets en matière de développement, tout en tissant des liens destinés à perdurer au sein de la communauté grandissante du PIDD.
Poser les bases: la phase en ligne
Le Programme a été lancé en ligne le 5 juin par des allocutions prononcées par des représentants d’UNIDROIT et du Ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Cette cérémonie d’ouverture a inscrit l’édition 2026 dans le cadre d’un engagement commun en faveur de la coopération juridique, du renforcement des capacités et de l’utilisation pratique d’instruments harmonisés de droit privé.
Les sessions thématiques en ligne organisées du 8 au 11 juin ont constitué une partie intégrante du parcours de formation. Les participants se sont familiarisés avec les principaux domaines d’activité d’UNIDROIT et ont été invités à les mettre en relation avec les difficultés rencontrées au sein de leurs propres institutions et systèmes juridiques. Ces premiers échanges ont permis de créer une base commune pour les travaux plus intensifs qui se dérouleraient ensuite à Rome.
La phase en ligne a également permis aux participants de présenter leur parcours professionnel, leurs centres d’intérêt en matière de projets et leur contexte national, jetant ainsi les bases de l’apprentissage entre pairs et de la collaboration interrégionale.

À Rome: relier les instruments juridiques aux priorités de développement
La phase en présentiel a débuté le 15 juin au siège d’UNIDROIT, à la Villa Aldobrandini. Au cours des trois semaines qui ont suivi, les membres du Secrétariat d’UNIDROIT et des experts invités ont présenté aux participants les instruments et projets pertinents en matière de droit et de développement en Afrique.
Les sessions ont porté sur les biens culturels, l’agriculture et le développement durable, l’accès au crédit et l’affacturage, l’insolvabilité bancaire et les mesures d’exécution, le droit des investissements et des contrats, ainsi que d’autres domaines dans lesquels des cadres de droit privé bien conçus peuvent soutenir un développement inclusif et durable.
Plutôt que de traiter ces sujets comme des domaines d’étude abstraits, le Programme a encouragé les participants à examiner comment les instruments internationaux peuvent être compris, adaptés et mis en œuvre dans différents contextes nationaux et régionaux. Leur expérience a enrichi les discussions et a permis d’établir un dialogue direct entre les règles juridiques et les pratiques institutionnelles.

Des échanges à la pratique: ateliers et apprentissage collaboratif
Les ateliers et les sessions collaboratives ont transformé le Programme en un environnement de travail commun. Les participants ont mis à l’épreuve des concepts juridiques à la lumière de scénarios concrets, ont discuté des approches en matière de rédaction et de mise en œuvre des textes juridiques, et ont exploré le rôle des contrats et des instruments de droit privé pour répondre aux défis liés au développement.
Des sessions dédiées aux projets ont permis d’affiner les propositions individuelles et collectives avec le soutien des fonctionnaires d’UNIDROIT, d’experts et de pairs. L’analyse comparative, les observations formulées et l’accès à la Bibliothèque et aux Archives d’UNIDROIT ont aidé les participants à renforcer à la fois les fondements juridiques et la pertinence pratique de leurs travaux.
Cette combinaison de formation, d’encadrement et d’échanges entre pairs a permis aux idées présentées au début du Programme d’évoluer vers des initiatives plus structurées susceptibles d’être poursuivies après le retour des participants dans leurs institutions et pays respectifs.


Diaspora, investissement et partenariats transnationaux
Une session spécifique, organisée le 29 juin, a exploré la contribution des diasporas africaines au développement durable ainsi que le rôle du droit privé pour soutenir un engagement transnational sûr, transparent et productif.
Cet échange a réuni des participants, la Professeure Maria Chiara Malaguti et M. Bertrand H. Mani Ndongbou. M. Marco Cassinis a présenté les réflexions d’ouverture et de conclusion. S’appuyant sur les réponses à un questionnaire préparatoire, la session a examiné la diaspora non seulement comme une source de ressources financières, mais aussi comme un réseau de connaissances, de compétences, de relations professionnelles et de liens institutionnels.
Les participants ont examiné les instruments juridiques nécessaires aux différentes étapes de l’engagement de la diaspora: de l’information et de la protection des investisseurs individuels à la structuration de partenariats et au soutien d’initiatives à long terme. Les contrats types, les garanties, la diligence raisonnable, les mesures d’exécution, les modes alternatifs de résolution des litiges et les outils pratiques sont apparus comme des domaines importants à approfondir.
La session a montré comment le droit privé peut contribuer à transformer la confiance, l’expertise et l’engagement en investissements durables et en coopération transfrontalière.
Des projets ancrés dans les priorités nationales et régionales
Au cours de la phase finale du Programme, les participants ont présenté des projets répondant à des priorités en matière de droit et de développement issues de leurs propres contextes professionnels et institutionnels.
Les propositions reflétaient la diversité des participants tout en révélant un certain nombre de préoccupations communes aux différents systèmes juridiques représentés.
Parmi les thèmes abordés figuraient l’accès au crédit et le développement des entreprises, l’agriculture et la sécurité alimentaire, les contrats et l’investissement, la durabilité et la résilience, la protection et la restitution des biens culturels, l’harmonisation du droit privé et du droit commercial, ainsi que la mise en œuvre nationale des instruments d’UNIDROIT.
Les présentations ont illustré l’approche centrale du Programme: la coopération juridique internationale prend tout son sens lorsqu’elle est liée aux connaissances locales, aux réalités institutionnelles et à des voies de mise en œuvre clairement identifiées.

Célébrer les résultats obtenus à l’occasion du Centenaire d’UNIDROIT
Le Programme s’est achevé le 2 juillet à la Villa Aldobrandini par les présentations finales des projets et la remise des certificats aux participants. La cérémonie de clôture a salué leur engagement, la qualité des échanges au cours de ces quatre semaines, ainsi que la contribution des experts et des partenaires institutionnels qui ont permis la mise en œuvre du Programme.
Se déroulant dans le cadre des célébrations du Centenaire d’UNIDROIT, l’édition 2026 a offert une occasion privilégiée de faire le lien entre l’histoire de la coopération juridique internationale de l’Institut et une nouvelle génération de professionnels déterminés à façonner l’avenir du droit et du développement.
Au-delà du Programme: une communauté du PIDD en plein essor
L’achèvement de la phase en présentiel du Programme n’a pas marqué une fin, mais une nouvelle étape dans les relations des participants avec UNIDROIT et entre eux.
Grâce à la communauté du PIDD, à l’annuaire des participants, aux consultations thématiques et aux futures activités des anciens participants, les relations nouées lors d’Africa Plus peuvent continuer à soutenir les échanges professionnels, le développement de projets et la coopération institutionnelle. Les participants sont encouragés à rester des contributeurs actifs, en partageant leurs expériences nationales, en identifiant des opportunités de collaboration et, à terme, en apportant leur expertise aux futures éditions.
Africa Plus 2026 a réaffirmé que le PIDD est bien plus qu’un simple programme de renforcement des capacités. Il s’agit d’une plateforme où les connaissances sont partagées de manière réciproque, où les instruments juridiques sont mis à l’épreuve au regard des priorités concrètes en matière de développement et où se construit une communauté interrégionale en pleine expansion, fondée sur un engagement commun en faveur du droit, de la coopération et du développement durable