Rome, le 5 juin 2026 – UNIDROIT a accueilli les 4 et 5 juin 2026 un atelier de haut niveau intitulé “Concilier la protection du patrimoine culturel et la prévention de la criminalité financière”, réunissant des représentants d’organisations internationales, d’autorités nationales de surveillance, de services répressifs, de cellules de renseignement financier et d’acteurs du secteur privé afin d’aborder les nouveaux défis affectant le marché mondial de l’art et des antiquités.
L’atelier a offert une plateforme d’échanges interdisciplinaires sur les liens entre la protection du patrimoine culturel, la lutte contre le trafic illicite et la prévention du blanchiment d’argent et du financement du terrorisme. Les participants ont souligné la nécessité de renforcer la coopération entre les acteurs du patrimoine culturel, les autorités chargées de la lutte contre la criminalité financière et les acteurs du marché afin de répondre efficacement à des risques de plus en plus complexes.
Les discussions ont permis de reconnaître que la mondialisation et la numérisation du marché de l’art ont créé de nouvelles opportunités, mais aussi de nouvelles vulnérabilités. Les transactions de grande valeur, les structures de propriété opaques, les actifs numériques et les canaux de commerce transfrontaliers peuvent être exploités à des fins de flux financiers illicites et de dissimulation de biens culturels obtenus illégalement.
Les expériences opérationnelles partagées lors de l’atelier ont illustré l’ampleur du défi, notamment les efforts internationaux récents visant à lutter contre le trafic illicite de biens culturels et à récupérer les biens volés. Les participants ont souligné l’importance d’adopter des approches coordonnées associant les autorités culturelles, les services répressifs, les cellules de renseignement financier et les acteurs du secteur privé.
L’atelier a abouti à l’adoption de la “Déclaration de Rome sur l’intégrité du marché de l’art”, qui contient une série de conclusions non contraignantes visant à promouvoir la sensibilisation, la coopération internationale et la diffusion des meilleures pratiques. La Déclaration souligne que la séparation entre la protection du patrimoine culturel et la prévention de la criminalité financière n’est plus suffisante et appelle à des approches intégrées combinant les normes internationales existantes, notamment celles relatives à la protection des biens culturels et aux cadres de lutte contre le blanchiment d’argent.
Parmi les domaines identifiés comme nécessitant un développement supplémentaire figuraient:
- l’amélioration des méthodologies d’évaluation des risques et de la collecte de données sur le trafic illicite et les flux financiers associés;
- des approches de surveillance proportionnées et fondées sur les risques;
- un engagement accru des acteurs du marché de l’art, notamment par le biais de partenariats public-privé;
- des initiatives d’éducation et de formation destinées aux acteurs publics et privés;
- un renforcement de la coopération entre les cellules de renseignement financier, les autorités culturelles et les services répressifs;
- l’amélioration des mécanismes de partage d’informations et de la coordination internationale.
L’atelier a réaffirmé l’importance d’une approche équilibrée: une approche qui protège le marché de l’art légitime tout en veillant à ce que les biens culturels ne soient pas détournés pour servir d’instruments à des activités criminelles. Grâce au dialogue entre les gouvernements, les organisations internationales, les experts et les acteurs du marché, UNIDROIT continue de soutenir les efforts visant à renforcer les cadres juridiques et institutionnels protégeant le patrimoine culturel.
Les conclusions de l’atelier sont disponibles dans la Déclaration de Rome sur l’intégrité du marché de l’art (2026) (en anglais).
Programme de l’Atelier (en anglais)

Jérome Beaumont, Secrétaire Exécutif Egmont Group of Financial Intelligence Units; Prof. Ignacio Tirado, Secrétaire Général UNIDROIT; Tommaso Di Ruzza, Senior Director, K2 Integrity (Washington, D.C.)